Histoire

Le Bas-Chablais est habité dès la Préhistoire. Une nécropole néolithique découverte au Genevray (Thonon) en 2003 l’atteste. Des villages se construisent au bord du Léman. A Anthy, des pieux enfoncés dans la terre et recouverts par les eaux du lac sont encore présents. II s’agit peut-être de restes de villages palafittes ou de pontons. Certains blocs erratiques présentent des cupules qui pourraient avoir été creusées à cette époque.

Pierre Romaine, place de l'Eglise

Pierre Romaine, place de l’Eglise

Vers 500 ans av. J-C, les Allobroges (peuple celte) envahissent le territoire. Ils sont vaincus vers 120 ans av. J-C par les Romains qui colonisent le pourtour du  Léman.
Au milieu du Vème siècle, les Burgondes ou Bourguignons envahissent l’empire romain, c’est la période des Grandes Invasions.

En 443, Genève devient Capitale du Royaume des Burgondes (pendant 30 ans seulement). En 515, le roi Sigismond crée l’abbaye de Saint-Maurice d’Agaune en Valais. Son vaste domaine s’étend sur une grande partie de la côte lémanique avec quelques terres à Anthy. Les premiers évêchés apparaissent.

Lorsque le Royaume des Burgondes est anéanti vers 530 par les Francs de Clovis, Anthy fait partie du Royaume des Francs et de l’évêché de Genève pour le spirituel.

A partir du XIIIème siècle, les paroisses sont créées dans l’évêché de Genève. C’est peut-être la naissance de la paroisse de Saint­ Barthélémy-d’Anthy.
La partie ouest du Chablais jusqu’à la Dranse passe progressivement sous le joug de la Maison de Savoie, qui inféode les grandes familles seigneuriales telles que les Cervens et les Allinges. Elle en chasse les Comtes de Genève et les Sires du Faucigny.
En 1271, Anthy fait partie de la châtellenie d’Allinges-Thonon dans la province du Chablais-Neuf et du Comte de Savoie.

De cette époque date la division du village de Sechex. Un simple chemin sépare les seigneuries d’Anthy et Margencel. Deux hypothèses peuvent expliquer cet épisode :

-Le comte de Faucigny (Château-Vieux) avait des droits à Séchex, et donne un accès au lac. Ce privilège aurait été maintenu au fief de Margencel à la suite de la prise et de la destruction du Château-Vieux d’Allinges par le Comte Pierre II de Savoie en 1203.

-II s’agirait d’un accord passé entre les seigneurs d’Anthy et de Margencel. Anthy aurait demandé à Margencel une partie de ses bois (bois de la villa de Dursilly). En contrepartie, Anthy aurait cédé une partie de Séchex à Margencel, des terres menant au lac entre la rivière le Redon et la partie ouest de Séchex.

En 1536, les Bernois envahissent le Chablais jusqu’à la Dranse. La religion protestante est imposée aux habitants.

II redevient savoyard en1564 à la suite du traité de Lausanne entre le comte Emmanuel-Philibert et Berne, pour la partie de la Dranse à l’Hermance. La frontière avec le Valais est établie définitivement à la Morge de Saint-Gingolph en 1569.
Anthy fait partie du nouveau comté d’Allinges, séparé de Thonon en 1570, et qui compte dix paroisses. Le Comte de Savoie aurait fait construire à Anthy le port du Comté d’Allinges aux Rives ouest, au lieu-dit La Tour.

Sur les documents de la Gabelle du sel de 1568, les villages d’Anthy et de Séchex sont répertoriés sous les noms d’Anthiez et Chessel. Séchex est alors déjà divisé en deux, la partie de Margencel compte 11 feux et celle d’Anthy, 8 feux.
De 1594 à 1598, François de Sales et son cousin sont chargés de reconvertir le Chablais au Catholicisme.
En 1602, François de Sales, devenu le nouvel évêque de Genève (à Annecy) réorganise son évêché en appliquant les résolutions du Concile de Trente. Anthy et Margencel restent pendant six ans une paroisse unie, comme sous l’occupation bernoise.

Au XVIIème siècle, Anthy fait désormais partie du marquisat de Marclaz, car ses revenus sont cédés à Monseigneur Vidomne de Chamoisy, Marquis de Marclaz et seigneur de Dursilly.

En 1692, un léger tremblement de terre ébranle les maisons. II aurait été d’une valeur de 4/9 sur l’échelle de Richter.

Le traité d’Utrecht de 1713 met fin à la guerre de succession d’Autriche. Le Duc Victor-Amédée II reçoit la couronne royale de Sicile qu’il échange ensuite contre celle de Sardaigne.

En 1718, le Bas-Chablais est sous l’autorité du roi Victor­ Emmanuel II du Royaume de Piémont-Sardaigne. II promulgue, peu après, l’établissement d’un cadastre ou d’une mappe de tous ses états. La mappe d’Anthy sera terminée en 1738.

En 1771, la paroisse d’Anthy rachète ses droits féodaux en vendant ses communaux, qui représentent à l’époque un tiers des espaces cultivables. Les paysans s’opposent à ces ventes, d’autant plus que la famille du Général Dessaix ferme l’accès à ses nouvelles acquisitions en les clôturant.

Des 1792, la France occupe la Savoie et crée le Département du Mont-Blanc avec Chambéry pour capitale. L’annexion de Genève en 1798 entraine un nouveau découpage, avec la création du
Département du Léman. Anthy devient commune du canton de Thonon et de l’arrondissement du même nom. Elle peut commercer avec Genève.

A la suite de la chute de Napoléon 1er en 1814, la Savoie redevient propriété du Royaume de Piémont Sardaigne. Le 2ème traité de Vienne permet à Genève de s’étendre. La cité s’agrandit de communes savoyardes et françaises pour former un canton. Elle adhère à la Confédération Helvétique.

Fontaine de la Place du Molard

Fontaine de la Place du Molard

En 1815, le syndic d’Anthy est nommé par l’intendant général du Chablais.

Le 15 juin 1860, la Savoie est officiellement rattachée au second Empire Français. Anthy peut à nouveau commercer librement avec Genève et la Suisse.

Pressoir de Sechex

Pressoir de Sechex

A la fin du XIXème siècle, Anthy est un village agricole. II est traversé par la route départementale 33. Un embarcadère CGN est construit à Séchex ainsi que la voie ferrée, dans les Bois d’Anthy au Sud, reliant Evian à Bellegarde.

En 1913, les habitants de Séchex demandent leur indépendance, mais le principal défenseur Edouard Guyon étant mort à la guerre, l’idée est abandonnée.
Au cours de la Première Guerre Mondiale, Anthy perd 36 hommes à la guerre (sur 428 habitants).
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, les Italiens, puis à partir de 1942 les Allemands, occupent le Bas-Chablais. Ils tiennent garnison à Margencel. La frontière lacustre avec la Suisse est particulièrement surveillée.

A partir des années 1960, l’activité agricole d’Anthy est en déclin. La municipalité tente de développer le tourisme avec le lac Léman comme principal atout.

C’est ainsi que le 4 novembre 1971, pour des raisons touristiques et économiques, Anthy devient Anthy-sur-Léman par arrêté préfectoral.

En application des lois Marcellin de décentralisation de 1971, le 9 octobre 1974, la commune est rattachée à l’association de Thonon et Marin, sans consultation de la population et en devient un simple hameau.
A la suite d’un référendum communal, elle retrouve son autonomie en 1983.

A la fin du XXème siècle, la physionomie d’Anthy change. L’urbanisation augmente en même temps que sa population. La zone commerciale est construite dans le prolongement de celle de Marclaz et occupe une grande partie du territoire, au sud, le long de la RD 1005.

En juillet 2008, le contournement routier de Thonon, sur la partie sud d’Anthy est ouvert.