Patrimoine
Le village
Anthy-sur-Léman, est une commune du Chablais français située dans le département de la Haute-Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Le village compte 2.467 habitants en 2022 .La commune bénéficie de l’environnement naturel exceptionnel du territoire enserré entre la rive lémanique et les contreforts préalpins du Chablais. Le territoire communal s’étend entre le torrent Pamphiot à l’est et le hameau et le port de Séchex à l’ouest. Au sud, il culmine dans la zone boisée des Bois d’Anthy, aux pieds des collines d’Allinges.
Les origines du village sont très anciennes. Les premières habitations sur les rives du Léman remontent au Néolithique (3900 à 3000 avant notre ère) et à l’âge du Bronze (1500 à 700 ans avant notre ère). Pendant des siècles, la pêche et l’agriculture, et tout particulièrement, la viticulture, ont été au cœur des activités du village. Aujourd’hui, l’activité économique se concentre dans la vaste zone commerciale intercommunale de l’Espace Léman, née dans les années 1980.
Un patrimoine géologique remarquable
Le territoire communal d’Anthy s’inscrit dans le Géoparc mondial UNESCO du Chablais. Décerné en 2012, ce label distingue le patrimoine géologique et culturel exceptionnel du Chablais qui s’exprime au travers des paysages remarquables.
Le village d’Anthy se développe sur des formations géologiques hérités des glaciers il y a plus de 10.000 ans sur des roches molassiques. Les pierres ayant servies à la construction des bâtisses et des murets du village témoignent de cette histoire géologique. On trouve ainsi, les pierres de molasse, dans les encadrements des fenêtres et des portes des constructions traditionnelles. Les murs étaient généralement réalisés en blocs et pierres calcaires issus des massifs du sud du Chablais ainsi qu’en roches cristallines (granite essentiellement), en provenance du Rhône suisse.
Les glaciers ont également conditionné la morphologie de la commune. On décèle des petites ruptures de pente (terrasses) orientées parallèlement aux rives du lac qui ont permis l’aménagement des axes routiers principaux est-ouest.
La pierre dite " Pierre des sacrifices "
Plusieurs blocs erratiques laissés par le glacier du Rhône subsistent sur le territoire de la commune, parmi lesquels, la grande dalle de pierre sculptée dite « Pierre des sacrifices », classée au titre des monuments historiques en 1907. Elle est parsemée de très nombreuses petites cavités creusées appelées cupules (étymologiquement « petite coupe » en latin). 44 cupules de diamètres variables de 1 à 8 cm et de 5 mm à 4 cm de profondeur ont été relevées. Des pierres à cupules se trouvent dans de très nombreux pays, sur tous les continents. Les plus récentes datations des sites les font remonter au néolithique. Les hypothèses concernant l’utilisation de ces pierres font référence à des contextes cultuels, des liens avec les constellations astronomiques ou encore, à des usages des pierres en tant que repères visuels.
Situation : 29, rue du Lac
Un environnement exceptionnel marqué par l’eau
L’eau, élément essentiel et omniprésent de l’environnement anthychois.
Les bords du lac
Les rives anthychoises du Léman s’étendent sur près de quatre kilomètres. Piéton, curieux, photographe ou contemplatif, arpente l’ancien chemin des douaniers que longe le rivage d’un bout de la commune à l’autre. La commune d’Anthy s’inscrit dans le Géoparc du Chablais. Ce label mondial conféré par l’UNESCO en 2012, reconnaît le patrimoine géologique culturel exceptionnel du territoire. Anthy se développe sur des formations géologiques hérités
La commune comte quatre plages publiques
Séchex, Les Recorts, Chantrell et Champ de l’eau. La plage des Recorts avec son terrain de boules et une aire de jeux pour les enfants invite à la détente. Le Parc public des Rives, traversé par le ruisseau des Fossaux, constitue un autre lieu de promenade avec un accès au lac.
Les sources d’eau
Anthy est desservie en eau potable par la source du Bois d’Anthy située au sud de la commune. Captée dans les années 1930, elle a été longtemps l’unique ressource en eau potable du village. Son débit correspond à celui d’un petit ruisseau, avec un minimum de 7 à 8 litres par seconde. L’eau est d’une excellente qualité, tant chimique que bactériologique. L’augmentation de la consommation d’eau par une population en croissance et, parallèlement, la baisse des débits de la source en période estivale ont nécessité une connexion avec le réseau d’eau potable de la ville de Thonon.
Dans le passé, de nombreuses autres petites sources d’eau présentes sur le territoire communal ont été captées pour alimenter les bassins et fontaines d’Anthy. On en dénombre près d’une dizaine, comme, par exemple, la source du Peylevet qui alimente, à la fois, une fontaine et un bassin à Séchex.
Les ruisseaux
Anthy est traversée par plusieurs ruisseaux, dont le plus imposant est Le Pamphiot, en limite communale avec Thonon. Son bassin versant s’étend jusqu’au Mont d’Hermone culminant à 1.413 mètres. Plusieurs autres petits ruisseaux prennent naissance sur le territoire de la ommune vers 450 mètres d’altitude, parmi lesquels, d’ouest en est : Le Saujet dans le hameau de Séchex qui est le seul ruisseau cadastré de la commune, Les Fossaux et Le Foiset. Le ruisseau des Fossaux a été inscrit au contrat de rivière du sud-ouest lémanique. Initialement busé avant sa confluence avec le Léman, il a été renaturé au sein du parc des Rives, pour le grand bonheur des habitants et de ses visiteurs. Une grande partie du cours du Foiset est encore busé, mais il reste remarquable par la constance de son débit, ce qui avait permis l’installation d’une pisciculture dont subsistent des étangs.
Les éléments naturels
Plusieurs zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF), développées autour des secteurs en eau, sont inventoriées sur la commune :
- Le vallon du torrent du Pamphiot ;
- Les nombreuses zones humides dont les plus importantes sont Les Lanches, Les Records et Les Tattes ;
- Une partie du rivage, classée en zone Natura 2000 pour son intérêt ornithologique, qui s’étend jusqu’au golfe de Coudrée ;
Le cœur du village historique
Le cœur du village avec sa partie la plus ancienne, est groupé autour de l’église Saint-Barthélémy. De l’ancien bâti typique des rivages du Léman chablaisien ne subsistent que quelques édifices isolés. Le bâtiment de la mairie actuelle a été construit en 1882 sur l’emplacement de l’ancienne cure, reconstruite près de l’église. À son origine, ce bâtiment de style Jules-Ferry abritait l’école élémentaire du village, avec deux classes séparées pour les filles et les garçons, les locaux de la mairie et un logement de fonction. En 2012, ce bâtiment a bénéficié d’une réhabilitation écologique et énergétique et d’une transformation en profondeur.
L’église Saint-Barthélémy
En 1882, une nouvelle église est construite sur l’emplacement d’une chapelle aux origines anciennes. Son clocher abrite une petite cloche en bronze, fondue en 1790 à Genève par Jean-Daniel Dreffet et classée au titre des monuments historiques. La grande cloche a été fondue à Annecy-le-Vieux en 1865. À l’intérieur de l’église, on peut admirer le Christ en croix polychrome du 15e siècle, classé au patrimoine des monuments historiques. Le nord de la place de l’église est dominé par le presbytère, réalisé également en 1882. En 2011, le presbytère a été transformé en Maison des Associations et Ludothèque.
Le hameau traditionnel de Séchex
En limite ouest du territoire communal, le hameau de Séchex est partagé entre Anthy et la commune de Margencel. Séchex conserve un cœur bâti ancien traditionnel. Plusieurs fermes caractéristiques pour le bâti du pays de la Côte témoignent du passé agricole du village.
Les fermes remarquables
Construites traditionnellement en pierres locales, les fermes du pays de la Côte du Chablais abritaient sous un même toit l’habitation et l’exploitation agricole. Les volumétries sont simples, les toitures sont à deux pans inclinés. L’ensemble comprenait une cour donnant accès à un perron et un grand palier supporté par un mur rampant. L’habitation était toujours située à l’étage au-dessus d’une cave et attenant à la grange avec écurie et un jardin à l’arrière. Les entrées des granges étaient souvent traitées avec des linteaux en anse de panier appareillées en pierre de molasse ou en granite pour les fermes les plus cossues, à partir du milieu du XIXe siècle. Sur le territoire communal, plusieurs fermes traditionnelles ont été conservées et restaurées.
Le lavoir couvert du Pinet
Construit en 1911 sur la rue des Pêcheurs descendant vers le lac, le premier lavoir public du chef-lieu est alimenté par la source du Pré-Vernes. Il comprend deux bassins et huit pierres de lavage. On raconte que pour limiter le temps passé dans le lavoir, l’entrée a été orientée en direction du Nord-Est, soumettant les lavandières au vent de la Bise.
L’ancien moulin
Connu pour la fabrication de farine de blé et d’huile de noix, l’ancien moulin de Corzent se situe sur les rives du torrent Pamphiot proche de son embouchure dans le Léman. Le moulin a été transformé en maison d’habitation privée.
Les ports et débarcadères
Le Port des Pêcheurs est réservé aux pêcheurs professionnels. Il comporte 8 boucles d'amarrage. Le Port Chantrell appartenant au château du même nom a été construit en 1926. Le port devient public vers 1975. Il dispose de 40 boucles d’amarrage. Au lieu-dit La Tour, se trouvent les vestiges d’une tour appartenant à l’ancien Port du Comté d’Allinges.
L’aménagement du Port Monod (privé) remonte à la fin du XIXe siècle. Ce port « Belle Époque », intégré au domaine de la famille Monod, est doté d’un garage à bateaux couvert avec une belle charpente en bois surmontée d’une terrasse panoramique.
Le Débarcadère Margencel-Anthy-Séchex de la CGN (Compagnie Générale de Navigation) a été inauguré en 1891 au port de Séchex. Il marque la limite avec le territoire de la commune de Margencel.
Des domaines et maisons de maître remarquables
Le château Chantrell a été construit en 1926 par la famille parisienne du même nom. Le bâtiment est inspiré des villas palladiennes, maisons de campagne des familles nobles de Vénétie. Au moment de sa construction, le château est entouré d’un parc à l’anglaise avec de beaux arbres et un vaste domaine boisé. Un aménagement paysager se prolongeait jusqu’à un petit port maçonné comprenant un quai et deux garages à bateau.
Le domaine Monod est situé dans le hameau de Séchex, au bord du Léman. Ce vaste domaine boisé, constitué vers le milieu du 19e siècle, comporte des espèces d’arbres remarquables, en particulier des séquoias centenaires. Le domaine abritait un ensemble de chalets en madriers de bois, typiques de la fin du XIXe et du début du XXe et un port privé avec garage à bateau « Belle Epoque ». Au début du 19e siècle, la famille de Julien Pierre Monod passe toutes ses vacances dans ce domaine. Parmi les nombreux invités illustres, figurent les poètes Paul Valéry et Rainer Maria Rilke, le naturaliste et explorateur Théodore Monod, le prix Nobel de médecine Jacques Monod et le cinéaste Jean-Luc Godard, petit-fils de Julien Pierre Monod. En 2014, les chalets ont fait l’objet de travaux de rénovation et de transformation importantes.
Plusieurs villas conçues par l’architecte thononais Maurice Novarina, membre de l’Académie des Beaux-Arts, ont été construites au sein de la commune.
Textes : Association Culture & Patrimoine Les Daillis, 2025 © tous droits réservés
Photos : Andrea Spöcker© tous droits réservés